29.06.2008

Photos de la caravane nationale de solidarité avec les résistants d'Ifni Ait Baârmrane les 22/06/08


Les détenus d'Ifni Ait Baâmrane : de gauche à droite

en haut : Abdelkader Adbib, Brahim Bra, Ahmed Boufim

en bas : Mohamed El Wahdani, Erradi Zine El aâbidine, Brahim Sbaâ Ellil


L'accueil des solidaires de la caravane


Début de la marche












Les Ait Abdellah des Ait Baâmranes revendiquent la liberté des détenus
























24.06.2008

Répression à Sidi Ifni (sud Maroc) -témoignages, photos-

Chronologie des émeutes à Sidi Ifni, Juin 2008

Suite à la répression subie par la population de la ville de Sidi Ifni (sud maroc), nous vous faisons parvenir ci-dessous, le détail des journées d’émeutes qui s’y sont déroulées (informations parvenues le 18 juin). Pour préserver la sécurité de nos contacts sur place, vous comprendrez que ce texte n’est pas signé. En espérant la plus large diffusion.
1969. Fin du protectorat espagnol
Mai 2005. 1ere manifestation (sans heurt) devant le Pachawia (maison du pacha, équivalent du sous préfet)
Revendications :
1. Faire de Sidi Ifni (20 000 habitants) une préfecture
2. Rattacher Sidi Ifni à la région administrative de Guelmin (province du Sahara occidental) et non plus à celle de Tiznit (au vues des relations historiques et tribales).[remarque : Parralèlement à l’organisation étatique, le tribalisme est toujours très prégnant au Maroc, notamment chez les populations bérbérophones. ]
3. Finir la construction du port de Sidi Ifni (troisième tranche des travaux).
4. Améliorer la liaison entre Ifni et Tan-tan (160 km de route)
5. Mettre en place des projets de développement pour créer de l’emploi chez les jeunes d’Ifni. Proposition de construire deux unités industrielles de conserverie à proximité du port.
Juin 2005. Face à l’absence de réponses aux revendications : 2eme manifestation Manifestation soldée par une intervention violente d’environ 600 membres des Forces de l’ordre. Bilan : Chez les flics : 60 blessés et 1 mort (suite à un accident, victime heurtée par une estafette des forces de l’ordre qui contournait un obstacle). Nous ignorons le nombre de blessés chez la population. Suite à cette manifestation, un comité ministériel comprenant le wali (équivalent du préfet de région) est venu à Sidi Ifni pour faire accélérer les réponses à quelques revendications des manifestants.
Il en a résulté :
- venue de médecins spécialistes à l’hôpital d’Ifni, qui ne sont restés qu’une semaine.
- Construction de la première tranche (39 Km) de la route entre Ifni et Tan-Tan au Sud. (Ce premier tronçon dessert le lieu dit des « plages blanches » où se construit un gros complexe touristique) .
A près cette manifestation, les représentants de partis politiques (Alistiqlal, Union Sociale de Forces Populaires, Parti de la Gauche Sociale Réunie, Parti Islamiste pour la Justice et le Developpement) , membres du Secrétariat local de la ville, (association qui a pour but de défendre les revendications de la population) se retirent de ce secrétariat
30 juin 2006. Attaque du convoi du préfet de Tiznit (après que celui-ci ai insulté la population locale lors d’une réunion avec des représentants de la ville) lors de sa venue à Sidi Ifni pour participer aux cérémonies de la fête de l’indépendance. Le préfet s’en tire avec une clavicule cassée.
Décembre 2007. Visite royale à Guelmin Des personnes de la tribu des Aït Bamran (tribu à laquelle appartiennent les habitants de Sidi Ifni), envoient des représentants rencontrer le roi, parmi eux un doctorant de littérature arabe, activiste des droits de l’homme et membre du Secrétariat Local, viole le protocole royal en s’adressant directement au roi, sans que cela ai été programmé. Il lui expose les revendications des habitants de Sidi Ifni. Mohammed VI déclare qu’il n’est pas au courant. Le dossier de revendication semble avoir été bloqué à Rabat et n’est pas parvenu jusqu’au roi. Celui-ci promet d’aider la population.
30 Mai 2008. 12 jeunes chômeurs habitant Ifni bloquent la sortie du port de la ville. Ils barrent la route avec des remblais et installent des tentes à côté. Entre 80 et 90 camions remplis de poissons sont désormais bloqués à l’intérieur. 1200 personnes défilent dans les rues de Sidi Ifni en soutien des 12 chômeurs. Les flics de Sidi Ifni n’interviennent pas de peur des représailles de la population (ce qui est en effet déjà arrivé par le passé). Le préfet se rend sur place pour parlementer avec les chômeurs. La discussion s’avère impossible. On passe d’un échelon supérieur et c’est donc le Wali d’Agadir (celui qui s’était fait casser la clavicule en 2006) qui tente de parlementer sans succès.
3 Juin 2008. Est alors organisée une réunion de deux heures à la Pachawia d’Ifni avec des représentants de la population locale et des responsables des RG, de la DST, du ministère de l’intérieur, le Président de la région et le Wali d’Agadir. Lors de cette réunion, la population reçoit des menaces d’interventions par la force, si elle ne stoppe pas les manifestations et si le port n’est pas débloqué. Une manifestation est organisée pendant le temps de la réunion à la fois pour réclamer les 5 revendications précédemment citées ainsi que pour soutenir les 12 chômeurs. Blocage et manifestations perdurent jusqu’au vendredi 6 juin (compris).
5 juin 2008. Entre 4000 et 6000 forces auxiliaires, forces d’intervention rapide, et gendarmes s’installent à Tiznit (à 75 km d’Ifni) en prévision de l’assaut de la ville d’Ifni. En soirée, après 22 H, le convoi se met en route, mais la population d’Ifni est prévenue par des personnes originaires d’Ifni qui travaillent à Tiznit. La population sort alors dans les rues. Informé de l’absence d’effet de surprise, le convoi fait demi-tour et se repositionne à Tiznit.
6 juin 2008. La tentative de médiation en est à l’échelle nationale : une réunion est organisée à Rabat avec de hauts responsables et 5 représentants de la population de Sidi Ifni, transportés jusqu’à la capitale par avion militaire. Une fois arrivé, les interlocuteurs semblent prêts à négocier. Les 5 représentants se font convaincre de demander à la population de cesser les manifestations. Croyant à une possibilité de négociation, beaucoup de gens de Sidi Ifni rentrent chez eux, sauf des jeunes (entre 100 et 300) qui restent dans les rues de la ville. Il va s’avérer que cette réunion était en réalité une tentative de diversion.
Samedi 7 juin 2008. 4 H 30 du matin, l’armée lance l’assaut sur deux fronts :

- Un front Nord, par l’entrée de la ville, lorsque l’on arrive de Tiznit.

- Un front Ouest, par la mer, au niveau du port bloqué par les chômeurs. Les unités spéciales (compagnie mobile d’intervention) arrivent en zodiacs.
Les affrontements sur les deux fronts dureront de 4 H jusqu’à 11 H. Ceux qui sont à l’extérieur de leurs habitations se font interpeller ou tirer dessus par balle en caoutchouc, idem pour ceux qui tentent d’observer par leur fenêtre.
C’est entre 4 H 30 et 9 H que, selon les témoignages oculaires, et uniquement pour ce qui concerne le centre de la ville (c’est-à-dire pas les deux zones de front), tomberont au moins 4 personnes chez les civils. 2 ont été écrasés par les 4 X 4 des forces répressives, un autre est mort en pleine rue suite aux coups qu’il a reçu. 1 autre est mort après avoir reçu une balle en caoutchouc au niveau de la tête. Les cadavres ont été tirés jusqu’à une estafette blanche avec des bandes de couleur orange. Ils ont été aperçus à deux reprises, sur les lieux où ils ont décédé puis dans l’estafette, au niveau de l’hôpital, par des personnes qui habitent à côté.
Sur le front du port, selon ce qui se raconte, des tirs à balle réelle auraient eu lieu, mais tout le monde s’est vite enfui et il n’y aurait pas eu de victime.
Un manifestant a été sodomisé avec une matraque en public, en pleine rue.
Des unités sont entrées dans les habitations (en fracassant les portes lorsqu’elles étaient fermées) et ont tabassé puis arrêté tous les jeunes qu’ils trouvaient. S’il n’y avait pas de jeunes, ils arrêtaient les femmes ou les sœurs. Selon des témoignages concordants, 2 femmes ont été violées chez elle par des soldats. De plus, il y a eu au moins 4 tentatives de viol, dans les locaux du commissariat. De l’argent et des bijoux ont été volés, des pièces d’habitation saccagées.
A ce jour, les personnes concernées n’ont pas porté plainte puisque le commissariat est toujours occupé par des militaires qui tabassent tous ceux qui viennent se plaindre.
Les viols auraient été limités grâce aux accrochages internes entre soldats extérieurs et soldats possédants de la famille dans le quartier nord de la ville (zone où on eu lieu le plus d’affrontements) .
Des personnes parviennent à s’évader par les toits et à se réfugier dans les montagnes qui bordent la ville, certains marcheront jusqu’à Guelmin, d’autres erreront dans les campagnes, d’autres retourneront à Ifni dans la soirée mais se feront arrêter pour la plupart.
C’est en allant pourchasser les fuyards que deux flics trouveront la mort, l’un tué par les manifestants en fuite, l’autre mortellement mordu par un chien errant. Leurs corps ont été transportés par leurs collègues à Tiznit.
Tout le personnel de l’hôpital a été évacué pour être remplacé par du personnel militaire.
A 9 H, les gendarmes se retirent (toute en restant sur les divers routes qui relient la ville au monde exterieur), ne restent que les forces auxiliaires et la police, qui mettent en place une vaste opération de nettoyage pour enlever les traces d’affrontements (ramassage des douilles au sol, masquage des impacts sur les murs).
Des contrôles systématiques d’identité sont mis en place pour tous les jeunes qui sont aperçus dans les rues de la ville.
A 12H, des hellicoptères et des brigades canines vont fouiller la montagne.
Dans l’après-midi, beaucoup de familles se rendent à l’hôpital mais très peu sont autorisées à y accéder, dont notamment une femme qui s’y rendait non pour avoir des nouvelles de membre de sa famille mais pour se faire soigner d’une crise d’appendicite. En l’absence des soins nécessaires, cette femme est décédée suite au refus de l’hôpital de l’accueillir.
On déplore au total 300 arrestations. Les personnes arrêtées ont d’abord été conduites soit au commissariat, soit à la Pachawia, soit au lycée Moulay Abdellah, soit à la caserne milliaire d’Ifni. En général, ils ont été déshabillés, leurs yeux bandés, allongés les uns à côté des autres puis ils ont été piétinés et tabassés.
Selon les fichiers de renseignements 140 personnes classées non militantes sont tabassées puis relâchées rapidement, les 160 autres (classés comme militantes) sont déplacés à l’extérieur de la ville, pour être torturés. 110 sont placés au commissariat de Tiznit. Pas de nouvelles des 50 autres (surtout des leaders des manifestations) , malgré les recherches de leurs familles. Les lieux de leur incarcération sont tenus secrets. 11 des 12 chômeurs qui bloquaient le port ont été arrêtés dans leurs maisons le samedi matin. A ce jour, aucune nouvelle du 12 eme.
Tous les axes pour entrer dans la ville sont fermés.
Dimanche 8 juin 2008. Dans la matinée, à lieu une tentative de réunion des habitants dans le quartier à l’entrée Nord de la ville. Ils sont très vite encerclés et beaucoup sont arrêtés.
Sur la route entre Guelmin et Ifni sont installé quatre barrages en plus du barrage habituel, tout jeune qui est arrêté à ces barrages se voit interrogé et fouillé, s’il possède du matériel photo et caméra, celui-ci est confisqué.
Dans le centre ville, des PC et des téléphones portables ont été réquisitionnés pour tenter de limiter les communications avec l’extérieur. Les communications téléphoniques sont surveillées.
L’ordre a été donné de ne délivrer aucun certificat d’agression.
Point Media :

- La chaîne Al Jazeera a communiqué depuis le samedi matin sur la situation à Ifni.
- Le directeur d’Al Jazeera Maroc a été arrêté à Rabat, interrogé 4 H puis relâché.
- Les autorités marocaines, qui démentent qu’il y ait eu des morts et parlent uniquement de 44 blessés dont 27 chez les policiers, accusent Al Jazeera de « légèreté dans la collecte d’information ».
- Les chaînes 1 et 2 ont parlé de manifestations pacifiques et n’ont fait état que de l’arrestation des 12 chômeurs.
- Le 1er ministre marocain s’est exprimé sur la 1ere chaîne pour dire que la population d’Ifni était très calme et pour nier qu’il y ai eu des morts. Des vielles vidéos de 2004 ont été passées pour faire croire que rien ne s’était déroulé ce samedi 7.
- A Rabat, le samedi à 16 H, une personne du centre marocain des droits de l’homme (CMDH) a organisé une conférence de presse avec TV 13, des TV espagnoles, Al Jazeera et d’autres médias. Cette personne a été arrêtée le dimanche à 18h puis libérée à minuit après interrogatoire.
Jeudi 12 Juin : Jeudi grève générale dans la ville pour demander le retrait des flics des coins des rues. A 18h, les flics quittent leurs positions dans les quartiers chauds et ils se concentrent autour de la Pachawiya, du commissariat, de la caserne, et dans les différentes écoles et lycées de la ville. En soirée, 4 cadavres ont été retrouvés sur la plage de sidi warzeg à 10 Km au sud de la ville. Aux questions de la population portant sur l’identité des naufragés, l’hopital a refusé de leur dire de qui il s’agissait. Le Pacha a déclaré qu’ il s agissait d’africains clandestins. Sidi Ifni étant une voie de départ vers les Canaries.
Dimanche 15 juin, Un vieux de 74 ans, en chaise roulante a été tabassé avec son fils après que les flics soient entrés dans leur maison. Il est décédé suite aux coups reçus.
Lundi 16 juin, Une manifestation de 8000 personnes revendiquant le départ des forces de l’ordre, la libération des détenus, une enquête sur les meurtres, les viols, les agressions sexuelles, les tortures, les vols commis des forces de répression. Les forces auxiliaires sont intervenues pour disperser la manifestation. Un jeune ifnawi de 16 ans a été grièvement blessé au niveau de la tête par une bombe lacrymogéne lancée par les flics. manif du 16 juinEn soirée 7 personnes, libérées par le juge d’Agadir, sont accueillies en héros par la population qui a manifesté jusqu’à minuit.
Mardi 17 juin, 4 membres du secrétariat local ont été arrêté à 4 h du matin au retour de la montagne.
Mercredi 18 juin : la population de la ville a commencé un sit in illimité jusqu à la libération de tous les détenus et le retour des disparus.
dégats 1
dégats - 2
dégats - 3
traces de coups
traces de coups -2

publié le 20 juin 2008  |   Imprimer

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Communiqué de L’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), le 9 juin 2008

Répression féroce au Maroc L¹Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) dénonce l¹intervention sauvage à l¹encontre des citoyennes et des citoyens de Sidi Ifni
http://amdh- section-de- rabat1.skyrock. com/
Exprimez votre indignation si vous êtes en France en envoyant vos messages à :
Ambassade du Maroc à Paris AMBASSADEUR : M. FATHALLAH SIJILMASSI Adresse : CHANCELLERIE : 5, RUE LE TASSE 75016 PARIS
Tél :             (+33) 01 45 20 69 35        Fax : (+33) 01 45 20 22 58 Email : info@amb-maroc. fr Site internet : www.amb-maroc. fr /www.amb-maroc. fr/>
Consulat du Maroc à Paris CONSUL GENERAL : M. ABDERRAZAK JAIDI
Adresse : CHANCELLERIE : 12, RUE DE LA SAIDA 75015 PARIS
Tél :             (+33) 01 56 56 72 00        Fax : (+33) 0145 33 21 09 Email : consulat-general- du-maroc2@ wanadoo.fr
Très tôt dans la matinée du samedi 7 juin courant, les citoyennes et citoyens de la ville de Sidi Ifni ont subi l¹intervention sauvage et musclée des forces publiques. Ainsi, le Bureau central de l¹AMDH a suivi, tout en dénonçant les actes sauvages commis à l¹encontre des citoyennes et citoyens, tant dans les rues qu¹au sein de chez eux, alors qu¹ils étaient en plein sommeil, par les forces publiques qui les ont battus avec de gros bâtons leur causant des fractures dans différentes régions du corps et les ont humiliés par leurs insultes. De même, les citoyennes et citoyens ont été victimes de harcèlement sexuel, de viols et de vols de leurs biens, de pillage d¹ordinateurs, de téléphones portables, de bijoux et d¹argent. Les forces publiques ont usé de bombes lacrymogènes, de balles de caoutchouc, de pierre et de bâtons contre des manifestations pacifiques, enfreignant ainsi le code des libertés publiques. En outre, les détenus ont été gravement torturés et ont souffert de vengeance qu¹ils ont dû subir en dépit de la prohibition par les chartes internationales de la torture et de tous les actes humiliants et dégradants qui portent atteinte à l¹intégrité physique et à la sécurité personnelle.
Cette intervention sauvage des forces publiques fait penser aux événements douloureux durant les affrontements avec les autorités lors des soulèvements sociaux qu¹a connus le Maroc des années dites de plomb. En dépit des discours officiels des dernières années sur le changement démocratique et la volonté de tourner la page du passé, la continuité de ces violations des droits humains et la primauté donnée à l¹approche sécuritaire vis-à-vis des protestations du mouvement social montre clairement que l¹Etat ne pense nullement à rompre avec son passé d¹autant plus que ce sont les responsables sécuritaires des années de plomb qui ont supervisé les attaques à l¹encontre des habitants de la ville de Sidi Ifni les 7 et 8 juin courant.
Exprimant sa solidarité avec les citoyennes et citoyens dont les droits essentiels ont été bafoués lors de l¹attaque répressive, le Bureau Central dénonce aussi le blocus de la ville durant le samedi et l¹interdiction aux représentant (e) s de l¹AMDH d¹accéder aux différents établissements, et notamment l¹hôpital local le dimanche pour collecter les données concernant la situation des blessés à la suite de ces événements ; de ce fait, il s¹est avéré de confirmer ou d¹infirmer les informations de la presse qui ont fait état de morts ; par ailleurs comment peut-on croire au démenti du Gouvernement concernant l¹existence de personnes décédées ? Comme il est difficile d¹identifier ces dernières dans l¹attente de l¹achèvement des enquêtes et surtout que des familles ignorent toujours le sort de certains de leurs membres qu¹ils soient ou non détenus.
Considérant ce qui précède, le Bureau central :
- Condamne énergiquement les représailles perpétrées à l¹encontre des habitants de la ville de Sidi Ifni et les violations graves des droits humains commises par les forces publiques en l¹occurrence les agressions et les tortures des détenus qui ne peuvent aucunement être justifiées.
- Dénonce les arrestations arbitraires commises par les forces publiques et revendique la libération des détenus parmi lesquels un bon nombre d¹acteurs de la société civile et du mouvement social à Sidi Ifni.
- Dénonce l¹état de siège appliqué à la ville et les poursuites incessantes perpétrées à l¹encontre des jeunes de la ville qui se sont vus dans l¹obligation de quitter les lieux afin d¹éviter la sévices des autorités et leur intervention sauvage et revendique l¹arrêt immédiat des recherches et des poursuites menées à l¹encontre d¹un bon nombre de militant (e) s tout en réprouvant les tentatives de terroriser les journalistes et les acteurs de la société civile dans le but de les empêcher de démasquer les crimes perpétrés par les autorités à l¹encontre des habitants.
- Revendique l¹ouverture d¹une enquête sur les événements et réclame que le Général Laânigri, le Gouverneur de la Province et le Ministre de l¹Intérieur, en tant que premier responsable de l¹action des forces publiques vis-à-vis des citoyens, répondent de leurs exactions ; qu¹il soit présenter des excuses aux victimes, aux habitants de Sidi Ifni et à tout le peuple marocain en ce qui concerne les agressions commises par ces fonctionnaires à l¹encontre d¹habitants sans défense.
- Réclame la satisfaction des revendications présentées par les habitants de Sidi Ifni depuis 2005 et qui se limitent au respect de leurs droits économiques, sociaux et culturels. Le bureau central conclu que les autorités locales doivent honorer les engagements pris devant leurs représentants en l¹occurrence l¹offre d¹opportunités d¹emploi et des services sociaux essentiels et le rapprochement de l¹administration du citoyenŠ
Pour le Bureau central Le 9 juin 2008.
L¹AMDH en bref : AMDH : Association Marocaine des Droits Humains, ONG constituée en juin 1979, reconnue d’utilité publique, vouée à la défense et la promotion des droits humains au Maroc, affiliée à la FIDH (Fédération Internationale des Droits de l’Homme). Actuellement, elle dispose de 73 sections locales et 8 sections régionales et compte 8.000 membres environ dont un sixième de femmes.
Le site web de l¹AMDH : www.amdh.org. ma
21 juin 2008

21.06.2008

Etudiants détenus de Marrakech

الجمعية المغربية لحقوق الإنسان

فرع مراكش

رسالة مفتوحة إلى السيد المندوب العام

المكلف بالسجون بالمغرب

تطالب الجمعية المغربية لحقوق الإنسان فرع مراكش بفتح حوار مع الطلبة المعتقلين المضربين عن الطعام من أجل تلبية مطالبهم وإنقاذ حياتهم.

      

تحية طيبة وبعد،

        يخوض الطلبة المعتقلون على إثر أحداث الحي الجامعي بمراكش إضرابا عن الطعام مفتوح بالسجن المدني بمراكش منذ يوم الأربعاء 11 يونيو 2008 وذلك دفاعا عن حقوقهم ومطالبهم الأساسية وفي مقدمتها وضع حد لعملية تشتيتهم داخل السجن وتجميعهم والحق في الزيارة المباشرة في ظروف إنسانية وملائمة ورفع كل أشكال المضايقات داخل السجن ... إلخ.

        ولقد عاين مكتب فرع الجمعية المغربية لحقوق الإنسان من خلال دفاعه أوضاعهم الصحية التي تتفاقم باستمرار، ومكتب فرع الجمعية إذ يعبر عن قلقه وتخوفه العميقين من الانعكاسات الخطيرة للإضراب عن الطعام على حالتهم الصحية في ظل تجاهل المسؤولين وإدارة السجن بمراكش لهذه الحركة الاحتجاجية للطلبة المعتقلين.

        يطالب بفتح حوار مع الطلبة المعتقلين المضربين عن الطعام بالسجن المدني بمراكش من أجل تلبية مطالبهم وإنقاذ حياتهم المهددة.

        وفي الأخير تقبلوا فائق تحياتنا الخالصة.

عن مكتب الفرع

الرئيس : رشيد الإدريسي

- زار فرع الجمعية المغربية لحقوق الإنسان بمراكش في شخص دفاعه ممثلا بالأستاذ محمد الغلوسي نائب رئيس الفرع الطلبة المعتقلين المضربين عن الطعام يوم الخميس 19 يونيو 2008 بعد أن قام بزيارتهم بتاريخ 06 يونيو 2008 واستغرقت الزيارة الأخيرة ساعتين عاين فيها مكتب الفرع الأوضاع الصحية للمعتقلين وتوقف حول مطالبهم.

- قرر مكتب الفرع توجيه نفس الرسالة إلى كل من السيد مدير السجن المدني بمراكش والوكيل العام للملك لدى محكمة الاستئناف بمراكش.

مراكش في : 20/06/2008

Mouvement social au Maroc 2008

Chouhada Koumira 1981


Philippe Cognée Foule à Casablanca © photo D.R. Fondation pour l’art contemporain Salomon - Alex (74) France


Chouhada Koumira, les martyrs de la baguette : c’est ainsi que le défunt Driss Basri, l’homme des basses œuvres policières du non moins défunt Hassan II avait, sur la fin de sa vie - qu'il avait jugé plus prudent de passer à l'étranger -, baptisé les victimes de la terrible répression du 20 juin 1981, tentant maladroitement de se défausser de sa responsabilité dans cet autre samedi noir. C’est que les deux hommes étaient des maîtres dans l’art de mener un peuple à la baguette. (Lire à ce sujet le témoignage du colonel de gendarmerie Ahmed Zarouf :C’est Basri qui a ordonné le massacre). Avec d'autres, qui sont toujours bien vivants, comme par exemple Houssin Jamil, directeur général de la DST à l'époque, Slimane Alaoui, alors directeur général de la Sûreté nationale ou Ahmed Fizazi, alors gouverneur de Casablanca.


Place des Sraghnas, samedi 20 juin 1981, 10 h 20 : les vitres d'un autobus brinquebalant explosent. C'est le début d'une émeute sanglante qui laissera sur le pavé de Casablanca des centaines de morts et de blessés. Et ailleurs un certain nombre de disparus dont les familles cherchent encore les corps.
Raison première invoquée : la hausse brutale de 30% en moyenne des prix de produits de première nécessité annoncée au peuple par un laconique communiqué de l'agence de presse officielle MAP, au matin du 28 mai 1981. Cela a fait l'effet d'une bombe sociale dans un Maroc au bord du chaos économique, ruiné par la guerre d'usure au Sahara, la sécheresse persistante et le coût toujours plus élevé de sa facture pétrolière. Au début des années 80, le salaire minimum plafonnait officiellement à 500 dirhams par mois alors que Rabat était déjà contraint par le Fonds monétaire international (FMI) à exercer un pré-programme d'ajustement structurel articulé autour de la sacro-sainte « vérité des prix » en contrepartie d'un dispositif d'aide budgétaire.
Après 1981, il y aura 1984, 1990, Sefrou en septembre 2007, et Sidi Ifni en juin 2008.Une longue liste de crimes impunis, commis par les mêmes hommes ou leurs successeurs. Il aura fallu 24 ans pour que l’on découvre un charnier de victimes des « mrouds* » à Casablanca et autant pour qu’on retrouve un charnier des victimes de Nador de 1984. Combien d’années faudra-t-il pour découvrir les corps des disparus de Sidi Ifni ?

*Mrouds : pluriel de marrda (babouin) : désigne en langage populaire marocain les policiers matraqueurs et tueurs de tous poils (CMI, Forces auxiliaires, DST et autre Groupes urbains de sécurité).


Adel Abdessemed Mes amis © phto D.R. Collections de Saint-Cyprien - Saint-Cyprien (66) France

Maroc : « Valeo », mais pas à Bouznika !

par FG, avec mes remerciements à AF pour ses infos et photos
Valeo est le prototype de l’entreprise mondialisée. Cet équipementier automobile qui est au onzième rang mondial et au 4ème rang européen, est désormais entièrement aux mains du capital financier spéculatif (BNP Paribas, Morgan Stanley, Pardus*, Franklin Resources Inc., Brandes Investment Partners et autres requins).
Le groupe a réalisé plus de deux milliards d’€ de bénéfices ces 10 dernières années et son PDG Thierry Morin(photo) gagne le modeste salaire de 1,5 million d’€ (= 17 millions de dirhams) par an, sans compter les jetons de présence de 40 000 € (= 460 000 dhm) par an. Le groupe, d’origine française, a été créé en 1923 sous le nom de Ferodo ; il a repris en 1980 le nom de sa filiale italienne : « Valeo », qui signifie en latin « je vais bien » (Cicéron terminait ainsi ses lettres : “Si vales, bene est; ego valeo.”( Si tu vas bien, tant mieux; je vais bien aussi.).Bref, l'équivalent latin de "la bès".
Valeo possède aujourd’hui 131 usines dans le monde, dont 14 en Chine, 8 au Brésil, 7 au Mexique, 5 en Inde, 4 en Tunisie et 3 au Maroc. Et c’est dans la dernière née de ses usines marocaines que « ça ne va pas bien », mais pas bien du tout.


Bouznika
Voici comment La Nouvelle Tribune présentait en décembre 2003 la nouvelle usine Valéo implantée à 50 km de Casablanca, et qui emploie actuellement 2000 salariés, en majorité des femmes au statut précaire :
« Le groupe Valeo, spécialiste de câblage automobile, vient d’inaugurer une nouvelle usine à Bouznika. Le coût d’investissement de cette opération s’élève à 275 MDH.Les Français du groupe Valeo accordent un intérêt particulier au Maroc. En plus de deux usines (Bouskoura et Aïn Sebaâ) et d’un bureau d’études BE Maroc (Verdi), ils viennent d’inaugurer un nouveau site de production à Bouznika, 100% export. Située dans la zone industrielle de cette municipalité, l’usine s’étend sur une surface de 55.000 m2, conformément à l’accord d’Investissement signé entre l’État et Valeo Bouznika le 2 août 2001, l’enveloppe allouée à la construction de ce nouveau site Valeo atteint les 275 MDH (25,5 millions d’euros).
Objectif: devenir le site «d’excellence» de la branche pour rassemblage de faisceaux. Le choix de Bouznika s’explique, selon les dirigeants de Valeo, par sa proximité de Casablanca et Rabat ainsi que par ses infrastructures, l’accès logistique (autoroute, train). Il s’explique également, ajoutent-ils, par la présence de bassins d’emplois à bon potentiel (Bouznika, Skhirat, Benslimane). Dans le même sens, la zone industrielle de Bouznika qui est bien aménagée, d’après eux, constitue un terrain propice pour la construction de sites conformes aux standards mondiaux.
Au Maroc, les usines du groupe concentrent actuellement près de 4500 emplois dans la région de Casablanca et réalisent un chiffre d’affaires global de 1,7 milliard de dirhams (160 millions d’euros) à l’exportation par an.La cérémonie d’inauguration officielle a connu la présence du Premier ministre M. Driss Jettou qui n’a pas caché sa satisfaction. Ce dernier a souligné que ce projet confirme la tendance consistant à la confiance que font les investisseurs étrangers aux atouts du Maroc. L’autre raison de sa satisfaction c’est que le nombre important d’emplois que ce projet réserve aux jeunes Marocains. »
Comme dit l’autre, « jusqu’ici tout va bien ».

L'usine de Bouznika (photos Nicolas Borel © Aga Khan Award for Architecture Source : archnet.org) appartient à la génération des "usines génériques" conçues par les architectes Valode & Pistre pour le groupe Valéo, qui s'appuie sur les recommendations de la Banque mondiale en matière de respect de l'environnement. "Valeo choisit le Salon de l’automobile de Francfort, un des rendez-vous majeurs de l’industrie automobile mondiale, pour montrer que le Groupe est réellement Green by Nature. Valeo s’est de longue date engagé dans la protection de l’environnement par le biais de produits et de systèmes écologiques, ainsi que d’usines et de procédés de fabrication plus propres. En tant que signataire du programme « Global Compact des Nations Unies », Valeo s’est engagé à préserver la planète et à développer un monde automobile meilleur - pour les générations actuelles et futures."(Communiqué du 11.09.2007) . L'objectif de "l'usine générique" est "le risque zéro". Dans cette usine de rêve, il n'y a évidemment pas de place pour des syndicats...

Mais en cette année 2008, les choses se sont gâtées. Figurez-vous que des ouvrières et ouvriers se sont mis en tête de…monter un syndicat dans l’usine. Le site http://ville.bouznika.free.fr raconte ainsi les événements le 7 juin 2008 :
Valéo : une affaire qui sent la poudre
« Les ouvriers de l’usine Syléa Valéo de Bouznika, qui emploie 2 000 ouvriers et ouvrières, ont été malmenés, dans la nuit de mardi 19 avril 2005, par le gouverneur de la province de Benslimane et des éléments de la compagnie mobile d’intervention et que le gouverneur de la province, qui était en état d’ébriété, a brandi son pistolet et attaqué les ouvriers et les ouvrières désarmés, sans tenir compte ni de l’inviolabilité de l’usine, ni de la sécurité des ouvriers et des ouvrières.
L’affaire Sylea Valéo de Bouznika, qui oppose la centrale syndicale de l’UMT au gouverneur de la province de Benslimane, risque d’être portée devant la justice. Chaque partie a livré sa propre version des faits. Que s’est-il passé à l’usine Sylea Valéo de Bouznika ? Difficile de croire les uns et de démentir les autres. Mais, une chose est sûre : l’affaire risque d’être portée devant la justice. Selon Miloudi Moukharek, secrétaire National de l’UMT (Union marocaine du travail), et à la suite du licenciement d’un des ouvriers par les responsables de l’usine, le bureau syndical de la centrale ainsi que le personnel de l’entreprise ont manifesté leur solidarité avec ce dernier en observant une grève. Une grève qui allait mal tourner. « C’est une affaire très grave », a dénoncé ce dernier, joint par téléphone. Avant d’ajouter « Bien connu pour son hostilité vis-à-vis des syndicats, le gouverneur de Benslimane a donné ses ordres pour tabasser les travailleurs et arrêter nos syndicalistes. C’était prémédité ».
Dans ses accusations, le secrétaire général de l’UMT est allé jusqu’à qualifier le gouverneur de la province de Benslimane de « récidiviste ». « Il a déjà fait ça à Salé et à Taroudant lorsqu’il a brandi un fusil de chasse contre des citoyens de la ville ». Pour Moukharek, il s’agit-là d’une violation des droits syndicaux garantis par la constitution, liberté syndicale, négociations collectives et protection des délégués contre de tels comportements, en toute impunité et ce à la veille de la fête du mouloud et à quelques jours du 1er mai. Selon les derniers éléments de cette affaire, qui risque de nuire à l’image du Maroc auprès des investisseurs étrangers, l’UMT a déposé une plainte auprès du gouvernement, considérant cet acte comme une atteinte à la liberté syndicale. « Nous avons aussi contacté la société-mère », a jouté Moukharek. Mais comment en est-on arrivé là ?
Tout a commencé, le 30 mars dernier, jour de la constitution d’un syndicat affilié à l’UMT. « Nous avons contacté la direction de l’entreprise pour établir des relations basées sur le dialogue et la concertation », a fait savoir ce dernier. Il semble que la direction de la société n’a pas apprécié le fait que son personnel soit affilié à une centrale syndicale. Dans un communiqué rendu public, le ministère de l’Intérieur a nié en bloc les accusations avancées par le secrétaire national de l’UMT, considérant que celles-ci « ne correspondent nullement à la réalité » et que la présence du gouverneur de la province de Benslimane à l’usine Sylea Valéo de Bouznika est intervenue sur « ordre des autorités centrales et entre dans le cadre des attributions conférées par la loi au gouverneur de la province visant à préserver l’ordre public et à garantir l’exercice du droit de grève (...), ainsi que la protection des biens de la destruction et de la dégradation ». Et d’ajouter que « ces instructions seront maintenues jusqu’au rétablissement définitif de l’ordre et la reprise normale de l’activité industrielle ».
Car, selon le même communiqué, et « suite au licenciement de l’un des ouvriers par les responsables de l’usine, des personnes se sont livrées à la destruction d’équipements et de machines et ont tenté d’entraver la liberté du travail et la marche normale de l’établissement en imposant une grève générale ».
Version démentie par l’UMT qui d’après son communiqué « les ouvriers de l’usine Sylea Valéo de Bouznika, qui emploie 2 000 ouvriers et ouvrières, ont été malmenés, dans la nuit de mardi 19 avril 2005, par le gouverneur de la province de Benslimane et des éléments de la Compagnie mobile d’intervention et que le gouverneur de la province, qui était en état d’ébriété, a brandi son pistolet et attaqué les ouvriers et les ouvrières désarmés, sans tenir compte ni de l’inviolabilité de l’usine, ni de la sécurité des ouvriers et des ouvrières ». À un moment où le Maroc a, plus que jamais, besoin des investisseurs étrangers pour relancer la machine de la croissance, l’affaire Sylea Valéo de Bouznika vient, encore une fois, rappeler que certains partenaires . »
Et voici les dernières nouvelles transmises par un correspondant marocain :

Licenciement arbitraire
Après le sit-in de protestation d'une heure organisé par les militants de l'UMT le 6 mai 2008, la direction du groupe VALEO a licencié abusivement les 10 membres du bureau syndical de l'usine de Bouznika.
Le jeudi 19 juin, l'UMT a organisé un sit in de protestation contre la décision illégale de la direction de la branche et de solidarité avec leurs camarades victimes de cette décision arbitraire, et ce, devant les locaux de l'usine de Bouznika. Etaient présentEs au rendez-vous les représentantEs des travailleurs/ travailleuses venuEs de Casablanca, de Mohammedia, de Bouskoura, de Berrechid...





* Pardus Capital Management, dirigé par un yankee d’origine iranienne, Karim Samii, est un fonds d’investissement spéculatif qualifié d’activiste ou de prédateur. Sa spécialité : entrer dans le capital d’entreprises sous-cotées ou en difficulté, faire pression pour imposer un changement stratégique important, et toucher une forte plus-value au passage. Pardus a ainsi poussé My Travel et Thomas Cook à fusionner. Dans la SSII Atos, il s’est allié à Centaurus Capital, un fonds dirigé depuis Londres par le Français Bernard Oppetit, ancien de Paribas. Chez Valeo, il a fait un forcing, fort de ses 20% d’actions, pour imposer 8 de ses sbires au Conseil d’administration l’année dernière. Il a échoué mais n’a pas renoncé à ses manœuvres pour autant. Il est revenu à la charge cette année, réclamant deux postes d’adminstrateurs. L’assemblée générale des actionnaires de Valeo devait voter ce 20 juin. C’est qu’il y a un petit hic : Pardus est aussi actionnaire de deux concurrents de Valeo, Visteon et Delphi. Finalement, un compromis a été trouvé : le représentant de Pardus en France, Behdad Alizadeh, sera proposé comme membre du CA à l’AG des actionnaires, en échange d’une promesse formelle de Pardus. "Pardus s'est engagé à ne pas demander la désignation de représentants au sein des organes d'administration et de direction de toute société exerçant une activité similaire ou concurrente de Valeo, et plus particulièrement les sociétés Visteon Corp. (VC) et Delphi Corp. (DPH)", indique Valeo dans un communiqué. La société de gestion s'est également engagée à rester sous le seuil de 20% du capital et des droits de vote. "Dans l'éventualité où Pardus obtiendrait des droits de vote doubles, la société s'est engagée à ne pas voter plus de 20% des droits de vote lors des assemblées générales", ajoute le communiqué. L'accord entre les deux parties sera valable jusqu'à l'AG statuant sur les comptes clos le 31 décembre 2011. Entre-temps, Valeo disposera d'un droit de première offre ou de préemption "dans certaines hypothèses de cessions de titres par Pardus". La société de gestion devra respecter un préavis de 4 mois avant de pouvoir dénoncer les termes de l'accord. Pardus a de longue date exprimé qu'il était en droit d'être représenté en tant que premier actionnaire de Valeo, avec aujourd'hui 19,7% du capital de l'équipementier automobile. Il y a un an, les actionnaires de Valeo avaient rejeté la demande de Pardus de nommer huit administrateurs au conseil d'administration du groupe. Depuis, le président-directeur général de Valeo, Thierry Morin, a constamment rejeté les propositions de Pardus, évoquant un conflit d'intérêts. Pardus est également le plus gros actionnaire de l'équipementier automobile Visteon, concurrent de Valeo. Pardus a déclaré par le passé qu'il souhaitait une fusion entre les deux groupes, proposition qu'il ne fait plus aujourd'hui. Thierry Morin a fait part de ses craintes que des représentants de Pardus au conseil de Valeo puissent révéler une information privilégiée à Visteon. Pardus a estimé que Valeo était géré de manière trop conservatrice et a présenté un plan visant à créer davantage de valeur. Ce plan prévoit notamment la cession d'actifs représentant 60% du chiffre d'affaires de Valeo - plan rejeté par la direction de Valeo au motif que Pardus appréhende mal des métiers parfois très imbriqués. Thierry Morin a indiqué que s'il acceptait l'idée qu'un actionnaire significatif soit représenté, une condition était que Pardus soit en accord avec la stratégie décidée par le conseil d'administration de Valeo et qu'il laisse de côté ses intérêts propres. Pardus est également engagé, aux côtés de la société de gestion Centaurus Capital, dans une bataille de procédure avec la direction d